APOLLO

APOLLO
« Rubens, fleuve d’oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de chair fraiche où l’on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s’agite sans cesse,
Comme l’air dans le ciel et la mer dans la mer »


« Rubens, river of forgetfulness, garden of laziness,
Pillow of fresh flesh where you can not love,
But where life seethes and surges endlessly,
Like the air in the sky and the sea in the sea »

(Baudelaire – Les Phares)

VANITATIS

vanitatis Plage
« L’âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et raidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu’un vieux drapeau. »


« The harsh sterility of your delight
scalds your throat and desiccates your skin –
and your eyeless cyclone of concupiscence
rattles your flesh like an abandoned flag. »

(Baudelaire – Femmes damnées – F du M)

L’EVEIL

EVEIL - copie
« Dans l’ardent foyer de ta chevelure, je respire l’odeur du tabac mêlée à l’opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l’ infini de l’azur tropical. »


« In the burning heat of your hair, I breathe the smell of tobacco mixed with opium and sugar; in the night of your hair, I see the infinity of the tropical azur shine. »

(Baudelaire – Un hémisphère dans une chevelure – de F du M)

EN ÉCOUTANT MOZART

En Ecoutant Mozart fond noir
« Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige ! »


« Now comes the time when swaying on its stem
Each flower offers incence to the night ;
Phrases and fragrances circle in the dark –
Languorous waltz that casts a lingering spell ! »

(Baudelaire – Harmonie du soir)

ZANZIBAR

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« Laisse – moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme l’homme altéré dans l’eau d’une source. Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures ; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l’espace est plus bleu et plus profond, où l’atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine. »


« Let me breathe endlessly the scent of your hair, let me bury my face into
it, like a parched man in the water of a spring.

Your hair is like a dream, filled with sails and masts ; it contains
immense seas whose monsoons transport towards bewitching climates,
where space is bluer and deeper, where fruits, leaves and the human
skin perfume the atmosphère. »

(Baudelaire – Un hémisphère dans une chevelure)

FIGURE DE PROUE

FIGURE DE PROUE

« Comme un navire qui s’éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L’or avec le fer. »


« My dreamy soul weighs Anchor, sails
for undiscovered skies
like a galleon in the morning Watch
under a freshening wind. »

(Baudelaire – Le serpent qui danse)

VACANCE

VACANCE FACE

« Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était allongée. »


« Calmly I watched, with a certain detachment at first,
as the swanlike arms uncoiled, and then the legs,
the sleek thighs shifting, shiny as oil,
the belly, the breasts – that fruit on my vine –
Clustered, more tempting than wicked cherubim,
to undermine what peace I had achieved,
dislodging my soul from its rock – crystal throne
of contemplation, once so aloof, so serene. »

(Baudelaire – Les bijoux)

EPHEMERE

EPHEMERE

« Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
De lire la secrète horreur du dévouement
Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avides ?
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ? »


« Fair as you are, what could you know of fear –
the fear of ageing and the unspeakable pain
of finding only half – concealed disgust
in eyes from which we once drank greedily !
being so fair, what do you know of fear ? »

(Baudelaire – Réversibilité – de F du M)

DUALITE

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« Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien. »


« Whether spawned by hell or sprung from the stars,
Fate like a spaniel follows at your heel ;
you sow haphazard fortune and despair,
ruling all things, responsible for none. »

(Baudelaire – Hymne à la beauté)

VENISE

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« Contemplons ce trésor de grâces florentines ;
Dans l’ondulation de ce corps musculeux
L’Elégance et la Force abondent , sœurs divines. »


« It is a legacy of Tuscan skill ;
in ripples of her surging musculature
see how the holy sisters, Power and Grace,
sustain this woman’s beauty in a form… »

(Baudelaire – Le masque)